Souterrain de la Verte Côte

(Jaulny 54)

Description.

 En surface 

 

 Ce souterrain semble s’articuler à partir d’un petit bâtiment en ruine installé sur une terrasse aménagée à laquelle on accédait par un chemin qui monte du fond de la vallée. Outre ce bâtiment et la terrasse, un reste de muret en pierres sèches, un if, un pierrier circulaire de 10m de diamètre et de 5m de hauteur, sont les témoins encore visibles aujourd’hui de l’occupation humaine de cet endroit.

De ce bâtiment carré d’environs 7m de côté, il ne reste que les soubassements des murs. Il était construit en pierres taillées dont certaines remarquables (élément avec profil en doucine, chambranle de baie…) montrant qu’il ne s’agissait pas d’une construction anodine. (voir les 4 photos ci-dessous)

 


 

A côté de la ruine, une dépression rectangulaire donne accès à deux branches du souterrain. On peut y noter la présence fréquente d’une petite arrivée d’eau.

 

2B. Le souterrain : partie centrale

 

Imaginons le bâtiment encore debout… On y pénétrait par une ouverture orientée NW. Dans le mur faisant face à l’entrée, une niche de 1,28m de large sur 1,64m de profondeur donne accès à une galerie de 0,63m de large sur 2,29m de long. Toutes deux sont creusées dans la grouine et leur paroi et leur voute sont habillées d’un appareil monté en pierre sèche.

 


Galerie donnant accès à la salle souterraine

 

La galerie débouche dans une salle en partie éboulée d’orientation NNE/SSW. De cette salle, partent deux galeries. La première, en direction du Sud se termine rapidement sur un front de taille. A son autre extrémité, elle communique avec l’extérieur en sortant dans la dépression dont il est question dans le paragraphe précédent. Ce secteur est particulièrement exposé aux effondrements de la voute. Il est difficile de connaître la configuration d’origine.

 

La deuxième galerie presque entièrement éboulée file vers le Sud/Est. Aujourd’hui inaccessible, elle communique pourtant avec deux petits effondrements en surface (jonction faite par mon chien…). Une amorce de galerie y était encore visible dans les années 80. Il semble évident qu’elle jonctionne avec la branche Sud de cet ouvrage souterrain.

 

Le souterrain : réseau Nord

 

La branche Nord du souterrain s’ouvre dans le talus de la dépression. La galerie, taillée comme l’ensemble de l’ouvrage dans la grouine, présente un profil ogival tronqué. Il a été taillé à l’aide de pointeroles et d’un outil de type piochon (env. 5cm de large). La hauteur moyenne de la galerie est de 1,45m et son développement total est de 26,97m. De nombreuses niches ont été creusées dans les parois et certaines présentent des traces de noir de fumée.

 

 

Une dizaine de mètres après l’entrée, la galerie se divise en deux branches qui se terminent toutes les deux sur un front de taille.

 

 

Le sol de la galerie est souvent recouvert d’une vingtaine de cm d’eau stagnante. C’est ce niveau aquifère qui ressort par infiltration dans la dépression extérieure. L’éboulement de la zone d’entrée est à l’origine de cette retenue d’eau. Ici encore, l’agencement d’origine n’est plus visible.

 

 

Le souterrain : réseau Sud

 

 

Son profil et ses caractéristiques de creusement sont les mêmes que pour la branche Nord. La hauteur de la galerie est souvent d’environs 1,80m. Développement total : 76,49m.

 

 

La galerie principale communique avec l’extérieur grâce à 4 entrées. Deux départs de galeries se dirigent vers le plateau et viennent buter sur un front de taille. Un départ éboulé semble se diriger vers les deux petits effondrements présents à la surface. En 1982, au niveau de l’entrée 4, une galerie de 4m de long était alors accessible et se terminait sur un front de taille.

 

 

De très nombreuses niches à lumière sont présentes tout au long de la galerie. Dans la partie centrale, une rigole d’évacuation de l’eau (largeur : 20cm. Profondeur : 10cm) est creusée le long de la paroi. Des restes de tuiles canal y témoignent d’un ancien aménagement.

 

 

3. Remarques

Ni le cadastre moderne, ni le cadastre napoléonien ne font état de ce bâtiment. Les éléments architectoniques qui le composaient sont pourtant remarquables et semblent le dater du XVIème siècle.

Les seules références bibliographiques dont on dispose proviennent des Mémoires de la Société Archéologique de Lorraine (N°21. 1871 pages 341 et 342) : « Présence à Jaulny de carrières anciennes aux galeries étendues, inexplorées, où les habitants se retiraient pendant les guerres. » S’agissait-il de ce souterrain ?

Souterrain refuge, captage d’eau ou aqueduc…

La thèse du souterrain refuge pourrait être retenue si l’on considère le nombre très important des niches à lumière et leur concentration à des endroits très précis. Mais la topographie ne correspond pas à ce type d’ouvrage.

Captage d’eau et aqueduc pour alimenter le château de Jaulny (sensiblement à la même altitude que le souterrain) ? Mais la quantité d’eau drainée actuellement est insignifiante et des sources importantes sont situées dans le fond de la vallée.
Cette hypothèse reste, malgé tout, la plus vraisemblable. Surtout qu'une prospection récente a permis de découvrir un nouvel accès à une galerie située sur la même courbe de niveau que le souterrain décrit ici et le château de Jaulny.

 

La question reste posée.

 


Un rhinolophe y a élu domicile